Ce lundi 6 octobre 2025, les écoles de la commune urbaine de Boké ont officiellement rouvert leurs portes, conformément au calendrier national. Si les enseignants ont massivement répondu à l’appel, les élèves, quant à eux, se sont faits désirer. Une situation qui a marqué le démarrage de l’année scolaire dans plusieurs établissements.

Dès les premières heures de la matinée, les établissements scolaires, publics comme privés, ont accueilli les encadreurs et enseignants prêts à reprendre le chemin des classes. Mais dans de nombreuses salles, les pupitres sont restés vides ou occupés par une poignée d’élèves seulement. Le constat est quasi généralisé dans les écoles visitées par notre rédaction.
Au lycée Filira, l’un des plus grands établissements de la ville, le proviseur Mady Dabo n’a pas caché sa déception face à une rentrée jugée peu effective: « Les professeurs étaient là en grand nombre, mais les élèves beaucoup moins. Nous avons enregistré 203 élèves, dont 64 filles, sur un effectif provisoire de 425. Cela représente à peine 50 % de présence », a-t-il précisé.
Du côté de l’école primaire Gorèye, d’autres difficultés viennent s’ajouter à l’absentéisme des élèves. Le directeur, Thierno Mamadou Diallo, déplore un manque criant de matériel pédagogique :« Nous manquons sérieusement de tables-bancs et de manuels scolaires. Ce sont des outils essentiels pour un bon apprentissage. J’en appelle à la direction préfectorale de l’Éducation pour un appui rapide. », souligne t-il
Pourtant, dans ce climat de reprise difficile, quelques élèves motivés ont tenu à répondre présents. C’est le cas d’Aïssatou Diallo, élève en terminale Sciences Mathématiques, bien décidée à ne pas prendre de retard: « Le bac se prépare dès la rentrée. Aujourd’hui, on a déjà eu des cours de chimie et de philosophie. J’invite mes camarades à ne pas attendre la semaine prochaine pour venir en classe. Le combat commence maintenant », lance-t-elle avec détermination.
En marge de cette rentrée en demi-teinte, plusieurs parents rencontrés expliquent l’absence de leurs enfants par le manque de moyens financiers. Le non-achat des fournitures scolaires reste, selon eux, le principal frein. Pourtant, la date de la reprise avait été connue bien à l’avance.
La rentrée scolaire à Boké s’annonce donc sous le signe des défis, entre absentéisme, précarité et manque d’équipements. Il faudra sans doute un sursaut collectif – familles, enseignants et autorités – pour inverser cette tendance et assurer un meilleur départ aux milliers d’élèves attendus sur les bancs de l’école.
Mamadou Kankako













