Le tribunal de première instance de Labé a poursuivi, ce mercredi 8 octobre 2025, ses audiences criminelles avec l’examen d’une affaire particulièrement choquante. Abdoulaye Bah, cultivateur de profession, a été reconnu coupable du meurtre de son père, Thierno Amadou Oury Bah, survenu en juin 2024 à Yalaguéta, dans la commune rurale de Kollet (préfecture de Tougué). Il a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté de 20 ans.
Les faits remontent au 12 juin 2024, date à laquelle le jeune homme a été placé sous mandat de dépôt après avoir tué son père à l’aide d’une machette dans un champ familial, avant d’enterrer seul le corps à l’aide d’une daba.
À la barre, Abdoulaye Bah a reconnu les faits. Il a expliqué son acte par des tensions persistantes avec la belle-sœur, épouse de son frère parti à Kounsitel. À chaque dispute, son père prenait parti pour la femme, allant jusqu’à l’attacher pour le punir. Le jour du drame, une énième altercation à propos d’un téléphone aurait mis le feu aux poudres. Pris de colère, il s’est rendu au champ pour confronter son père. La discussion s’est envenimée et, dans un accès de rage, il a frappé mortellement ce dernier à la tête avec une hache. Il a ensuite dissimulé le corps en l’inhumant sommairement.
« Je n’avais consommé aucun produit psychotrope », a-t-il déclaré au tribunal.
Le procureur a requis 30 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté de 20 ans. Dans sa plaidoirie, l’avocat de la défense a tenté d’obtenir une circonstance atténuante, évoquant un crime passionnel. Il a affirmé que son client entretenait des relations intimes avec sa belle-sœur, relations qu’elle aurait ensuite refusées. Les interdictions et punitions du père auraient selon lui aggravé la situation, menant au drame. Il a également mis en avant la sincérité de son client lors de l’audience.
Le tribunal, présidé par Boubacar III Barry, a suivi les réquisitions du parquet et condamné Abdoulaye Bah à 30 ans de réclusion criminelle, dont 20 ans incompressibles.
Mamadou Kankako













