La situation est tendue sur le site de The Mining House à Missira. Ce vendredi matin, la communauté locale, en soutien aux travailleurs de l’entreprise, a bloqué toutes les activités minières pour protester contre le non-respect de la convention collective des mines et carrières, entrée en vigueur en août 2025.
Dès les premières heures, les travailleurs et la communauté ont pris l’initiative de fermer les ateliers et de bloquer la circulation des camions. Selon un gréviste qui a souhaité garder l’anonymat, « C’est la communauté qui est venue tôt pour fermer l’atelier. Nous sommes solidaires et l’entreprise doit respecter ses engagements. » Le personnel a été évacué par mesure de sécurité et est actuellement en attente à domicile.
Le principal grief des manifestants : le non-respect de l’accord censé garantir de meilleures conditions de travail pour les employés et encadrer les relations entre les entreprises minières et leurs travailleurs. La communauté de Missira, directement concernée par les impacts sociaux et environnementaux de l’exploitation minière, se joint à la mobilisation, exigeant que The Mining House honore ses engagements.
De son côté, un responsable des ressources humaines de The Mining House a déclaré que l’entreprise « ne saurait se soustraire à la loi guinéenne », mais n’a pas détaillé les mesures concrètes prises pour résoudre la situation. Ce blocage survient après une série d’incidents similaires dans d’autres sites miniers du pays, comme à Kaboye, où les travailleurs avaient eux aussi cessé leurs activités en raison du non-respect des engagements contractuels.
Malgré la situation tendue, des sources proches de l’entreprise indiquent que la direction est prête à engager des négociations dans les prochains jours pour tenter de désamorcer la crise. L’application de la convention collective et le respect des droits des travailleurs seront sans doute au cœur des discussions à venir.
The Mining House, qui intervient depuis plus de dix ans sur les sites de Katougouma, Koboye, Missira et Wedhou Bour, est un acteur majeur de la sous-traitance pour la société UMS, notamment dans les domaines de la pneumatique, de la restauration, de l’entretien et de la mécanique légère. Face à une pression croissante de la part des travailleurs et de la communauté, l’entreprise se retrouve dans une position délicate, où la préservation de ses activités et le respect de ses engagements devront trouver un compromis rapide.
Cette crise à Missira n’est qu’un exemple des tensions récurrentes entre les entreprises minières et les communautés locales en Guinée. L’issue de ce conflit pourrait marquer un tournant, non seulement pour The Mining House, mais aussi pour d’autres entreprises du secteur. L’enjeu est double : garantir la reprise des activités tout en préservant la paix sociale dans la région. Les discussions qui suivront seront cruciales pour apaiser les tensions et rétablir la confiance entre les parties prenantes.
Mamadou Kankako : 611 96 26 29













