Le Tribunal de Première Instance de Labé a tenu, ce vendredi, une audience publique concernant l’affaire opposant le ministère public à Mamadou Oury Diallo, un homme de 45 ans, domicilié à Laria, dans la préfecture de Labé. Ce dernier est accusé de viol suivi de grossesse et de coups et blessures volontaires à l’encontre de sa fille, Aissatou Diallo, âgée de 18 ans.
Lors de l’audience, Mamadou Oury Diallo a nié catégoriquement les accusations de viol et de grossesse qui pèsent sur lui. Cependant, il a reconnu avoir frappé sa fille, expliquant que ces violences avaient pour but de la pousser à révéler l’identité du véritable auteur de sa grossesse. Les deux parties ont maintenu leurs versions tout au long des débats, sans parvenir à une réconciliation.
Aissatou Diallo, quant à elle, a expliqué avoir vécu en Mauritanie avant de retourner en Guinée environ quatre mois avant les événements. Lors de l’audience, une échographie demandée par le ministère public a révélé que la grossesse de la jeune fille ne datait pas de son séjour en Mauritanie. Une contradiction a émergé lorsque, lors de l’instruction, la plaignante avait initialement affirmé que son père était le premier homme avec qui elle avait eu des rapports sexuels, mais a finalement reconnu, devant le tribunal, avoir eu une relation avec un autre homme en Mauritanie.
Faute de preuves matérielles tangibles, de témoins directs ou d’expertises scientifiques concluantes, le ministère public a requis que Mamadou Oury Diallo demeure en détention jusqu’à la naissance du bébé, prévue dans environ un mois. Un test ADN sera effectué après l’accouchement afin de confirmer la paternité de l’enfant.
L’avocat de la défense, de son côté, a plaidé pour la libération provisoire de son client, estimant que les accusations portées contre lui ne reposaient sur aucun élément solide justifiant une détention prolongée.
Après délibération, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté et a ordonné que le test ADN soit réalisé à l’issue de la grossesse, et ce, aux frais de l’État. L’échographie a indiqué que la jeune fille était enceinte de 34 semaines et 2 jours.
Dans un moment particulièrement émouvant, Aissatou Diallo a exprimé son désir de pardonner à son père, même s’il était reconnu coupable du viol, ajoutant qu’elle ne souhaitait pas qu’il reste en prison. Cependant, Mamadou Oury Diallo a réagi avec fermeté, précisant qu’il ne pourrait pas pardonner une telle accusation s’il venait à prouver son innocence par les tests ADN.
Les audiences criminelles reprendront le lundi 13 octobre 2025 au Tribunal de Première Instance de Labé, où de nouvelles délibérations sont attendues.
Mamadou Kankako













