Cela faisait plusieurs jours que l’on pressentait un changement majeur à Madagascar, et c’est désormais officiel : l’armée a annoncé la prise du pouvoir, suite à un vote du Parlement révoquant le président Andry Rajoelina. Ce matin, dans une vidéo diffusée en direct depuis le palais d’Ambohitsirohitra, le colonel Mickael Randrianirina a déclaré : « Nous avons pris le pouvoir. Nous sommes devant le palais. »
Entouré de hauts responsables militaires, le colonel a précisé la mise en place immédiate d’un comité national composé de membres des forces de défense et de sécurité. Ce comité pourrait à terme inclure des civils, une démarche qui vise à instaurer une transition gouvernementale.
Le colonel Randrianirina a également révélé qu’une période de transition de plus de deux ans serait instaurée, avec pour objectif l’organisation d’un référendum sur une nouvelle Constitution. À terme, des élections devraient permettre de mettre en place un nouveau gouvernement et de redéfinir les institutions du pays.
« Nous sommes là pour prendre le pouvoir, car cela a assez duré. Nous allons instaurer un comité composé d’officiers de l’armée, de la gendarmerie et de la police nationale. Et, avec le temps, peut-être y intégrerons-nous un conseil civil. Ce comité assurera la présidence, et un gouvernement civil sera formé ensuite », a-t-il précisé dans un français impeccable.
Ce coup de force a été précédé par une journée de manifestations de joie dans la capitale, Antananarivo, après l’officialisation de la fin du mandat du président Andry Rajoelina, désormais contesté.
Ce matin, Andry Rajoelina avait pourtant annoncé, dans un geste désespéré, la dissolution du Parlement, alors que sa révocation était déjà inscrite à l’ordre du jour. Malgré cette décision, les députés se sont réunis et ont voté la révocation du président. Sur 131 députés présents, 130 ont voté en faveur de cette motion, marquant un tournant dans la crise politique du pays.
Dans un communiqué, la présidence a vivement dénoncé la séance parlementaire, la qualifiant d’« illégale » et « contraire à l’article 76 de la Constitution ». Selon le communiqué, cette réunion violerait la procédure constitutionnelle et ses délibérations sont considérées comme « nulles et non avenues ».
Rajoelina a justifié la dissolution de l’Assemblée nationale en expliquant que l’objectif était de rétablir le bon fonctionnement des institutions et de donner la parole au peuple par de nouvelles élections législatives.
Nous y reviendrons
Mamadou Kankako













