L’enlèvement d’un nourrisson au Centre Médical Communal (CMC) de Ratoma, survenu le 1er octobre dernier, a provoqué une onde de choc à Conakry et bien au-delà. Relayée massivement sur les réseaux sociaux, l’affaire a suscité une vive émotion, des débats houleux et une forte pression de l’opinion publique. Face à ce climat tendu, la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) s’est illustrée par un travail d’enquête rigoureux et une efficacité remarquable.
Les internautes, profondément indignés, ont inondé la toile de messages de solidarité envers la famille de la victime, exigeant des autorités des réponses rapides et des sanctions exemplaires. Dans ce contexte de tension sociale, les enquêteurs de la DCPJ ont redoublé d’efforts pour élucider les circonstances de ce rapt et retrouver l’enfant sain et sauf.
Selon les résultats de l’enquête, Haby Diallo, une femme d’une quarantaine d’années, est parvenue à infiltrer la maternité du CMC de Ratoma en se faisant passer pour une patiente enceinte. Elle aurait utilisé une fausse carte rose attestant une grossesse fictive, prétendument fournie par une sage-femme complice. Une fois dans les locaux, cette dernière lui aurait indiqué l’emplacement du nourrisson, facilitant ainsi l’enlèvement.
Après la disparition du bébé, qui a rapidement fait la une des discussions sur Facebook, Twitter et WhatsApp, la suspecte et sa complice se seraient réfugiées à Kiroti, dans la commune de Lambanyi. L’enquête a permis d’établir que Haby Diallo, ayant perdu son propre enfant à cinq mois de grossesse, aurait décidé de dissimuler cette fausse couche à son mari. Craignant que la vérité ne soit découverte, elle aurait prémédité l’enlèvement dans le but de préserver son mensonge. Une cérémonie de baptême du nourrisson aurait même été organisée, renforçant la supercherie.
Face à l’ampleur du scandale et la pression médiatique croissante, la DCPJ a maintenu une ligne de conduite discrète mais déterminée. Grâce à des recoupements d’informations, des témoignages clés et une surveillance de terrain méticuleuse, les agents ont pu localiser la suspecte et procéder à son interpellation sans incident.
Un test ADN a par la suite confirmé qu’Haby Diallo n’est pas la mère biologique de l’enfant. Elle, la sage-femme présumée complice ainsi que son mari — soupçonné d’avoir fermé les yeux sur les incohérences — sont désormais en garde à vue dans les locaux de la DCPJ, où l’enquête suit son cours.
Cette affaire, très médiatisée et symbolique, met en lumière les dangers liés aux dysfonctionnements dans les structures hospitalières, mais surtout le professionnalisme des forces de sécurité qui ont su répondre avec rigueur à une situation délicate et très sensible pour la population.
Oumar Odede Diallo













