Le Gouvernement guinéen et l’Intersyndicale de l’éducation (FSPE, SLECG, SNE) ont conclu, le 3 janvier 2026, un protocole d’accord à l’issue de plusieurs semaines de négociations conduites sous la médiation du Conseil National du Dialogue Social.
Cet accord met provisoirement fin aux tensions dans le secteur éducatif et fixe de nouvelles bases en matière de rémunération, de gestion administrative et de perspectives statutaires pour les enseignants.
Revalorisation des primes : des engagements chiffrés
Le protocole prévoit une augmentation substantielle des primes, avec une application progressive courant 2026 :
Prime de préparation : de 100 000 à 500 000 GNF
Prime de craie : de 125 000 à 500 000 GNF
Prime de documentation (annuelle) : de 300 000 à 1 500 000 GNF
Les indemnités de logement (250 000 GNF) et de transport (200 000 GNF) seront également versées entre mai et septembre 2026.
Salaires bloqués et contractuels : des mécanismes annoncés
Pour les enseignants confrontés à des blocages de salaires depuis décembre 2023, une commission bipartite doit être installée avant fin janvier 2026 afin d’examiner chaque dossier.
L’accord prévoit aussi le paiement intégral des primes partiellement versées en juillet et août 2025.
Concernant les enseignants contractuels, une commission spécifique examinera les listes issues des évaluations biométriques. Ceux ayant effectivement participé aux évaluations bénéficieront d’une priorité dans les procédures d’enregistrement, tandis que la situation des contractuels de Conakry reste conditionnée aux futurs concours.
Vers une réforme du statut des enseignants
Au-delà des mesures financières, le protocole ouvre la voie à la révision du statut particulier de l’éducation, prévue à partir de février 2026. Ce chantier vise à renforcer la protection juridique et la reconnaissance professionnelle des enseignants du pré-universitaire et de l’enseignement technique.
En attendant l’aboutissement de cette réforme, les parties ont convenu de suspendre les négociations sur les autres revendications syndicales.
Un accord salué, mais sous surveillance
Les signataires, parmi lesquels Aboubacar Kourouma pour le Gouvernement et les responsables syndicaux Aboubacar Soumah (SLECG), Michel Pépé Balamou (SNE) et Alpha Gassimou Barry (FSPE), ont salué le climat de dialogue ayant permis cet accord.
Reste désormais l’enjeu central de l’application effective des engagements, condition essentielle pour restaurer durablement la confiance entre l’État et les enseignants, et garantir la stabilité de l’école guinéenne.
Mamadou Kankako













