La ville minière de Sangarédi est sous le choc après la découverte du corps sans vie d’un conducteur de taxi-moto dans le secteur Limaniya, district de Bappa Sergent, dans la matinée du vendredi 09 janvier 2026.
La victime, Amadou Oury Diallo, membre actif du SYNTANGUI (Syndicat des taxi-motos de Sangarédi), a été retrouvée morte à l’aube, aux environs de 5 heures du matin, devant un maquis situé dans une zone très fréquentée, où l’on dénombre une vingtaine d’établissements similaires, selon les informations recueillies par Kakandeinfos.com, à travers notre correspondant basé sur place

Âgé d’une trentaine d’années, célibataire, matricule 0167, Amadou Oury Diallo exerçait le métier de taxi-moto depuis plusieurs années. Il était basé à la Base Cité, où il était bien connu de ses collègues et des usagers.
Un corps découvert dans des conditions troublantes, selon les témoins de la découverte du corps
<< la moto de la victime a été retrouvée intacte, soigneusement stationnée au bord du goudron, exactement comme à son habitude. Son téléphone portable était également en sa possession, ce qui écarte, pour l’instant, la piste d’un vol.>>, indique un témoin, avant de préciser.
<<le corps présentait des blessures visibles à la tête ainsi que des traces de lutte, laissant supposer une violente altercation ayant conduit à la mort. À proximité du lieu du drame, des bouteilles de liqueur (Guluxe) ont été retrouvées, certaines dissimulées, sans que leur lien direct avec les faits ne soit établi à ce stade de l’enquête.>>, ajoute t-il
Une enquête judiciaire ouverte
Autre élément pris en compte par les enquêteurs : dans la soirée précédant son décès, la victime aurait eu plusieurs échanges téléphoniques. Une partie de ses contacts a été interpellée par la police afin de permettre l’établissement d’une chronologie précise de ses derniers déplacements.
Selon des témoignages concordants, Amadou Oury Diallo travaillait principalement la nuit, une pratique courante chez de nombreux taxi-motos à Sangarédi, mais qui les expose à d’importants risques sécuritaires.
Alertées, la police, la gendarmerie, les autorités locales, la mairie ainsi que la sous-préfecture se sont rendues sur les lieux. Une enquête judiciaire a été officiellement ouverte.Une autopsie a été réalisée par le médecin-chef du Centre de Santé Amélioré (CSA) de Sangarédi, mais aucun résultat officiel n’a encore été communiqué. Le corps a ensuite été inhumé, conformément aux usages.
Face à l’émotion et à l’indignation suscitées par ce drame, le secrétaire général du SYNTANGUI, Amadou Alpha Bah, a réagi publiquement. Il a :
condamné avec fermeté cet acte qu’il qualifie d’odieux ;
déploré la recrudescence des violences nocturnes ;
salué les efforts des autorités, tout en les appelant à redoubler d’engagement afin d’identifier et traduire les auteurs en justice.
Ce décès survient dans un contexte alarmant. En moins de deux mois, Sangarédi enregistre un deuxième drame grave lié aux maquis, après l’assassinat d’un jeune par son ami à Samayabhè, dans le district de Lavage.

Ces événements relancent le débat sur :
la prolifération des maquis,
leur implantation au cœur des zones résidentielles,
et le manque de dispositifs de sécurité adaptés, notamment la nuit.
Une question demeure :
les maquis nocturnes, tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui à Sangarédi, ne constituent-ils pas un réel danger pour la sécurité des citoyens ?
Depuis Sangarédi, Lamine Banty pour Kakandeinfos.com













