À Kamsar, les grillages sont désormais en place. Sur plus de dix kilomètres, la voie ferrée est clôturée, marquant l’aboutissement d’un projet longtemps contesté mais finalement concrétisé par la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG). Objectif affiché : réduire drastiquement les accidents sur les rails.
Mais derrière cette avancée sécuritaire, une autre réalité s’impose : celle des habitants vivant de l’autre côté des rails, aujourd’hui confrontés à de sérieuses difficultés de mobilité.
Si la majorité de la population reconnaît désormais l’utilité de ces clôtures, les citoyens installés derrière la voie ferrée conditionnent leur adhésion totale au projet à la réhabilitation des routes dégradées et à la construction de passerelles plus accessibles. Des doléances jugées urgentes par les riverains, rencontrés ce week-end par nos correspondants sur place.
« Depuis l’installation des grillages, notre principal problème, ce sont les routes. Rejoindre le goudron est devenu très difficile. Quant aux passerelles, elles sont trop élevées. Les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes ne peuvent pas les emprunter facilement », déplore un habitant.
Autrefois farouchement opposés à l’installation de ces grillages, plusieurs citoyens reconnaissent aujourd’hui leur importance. La clôture a permis de réduire les traversées anarchiques, souvent à l’origine d’accidents graves, et d’améliorer la sécurité autour de la voie ferrée.
Pour certains habitants, les bénéfices vont même au-delà de la sécurité routière.La clôture jouerait également un rôle non négligeable dans la lutte contre le banditisme.
« Les grillages nous protègent de beaucoup de choses. Les vols ont diminué, les gens ne montent plus sur les rails et les dégâts sur la voie ferrée ont baissé », témoigne Adama Niessa, mère de famille.
Face à ces préoccupations, le président de la délégation spéciale de Kamsar se veut rassurant. Interpellé sur la question des routes et des passerelles, Kaba Mangoya Sylla promet des démarches concertées avec les partenaires concernés.
« Nous allons engager des discussions avec la CBG et rencontrer l’ensemble des sociétés présentes à Kamsar afin de trouver des solutions durables au problème des routes et des passerelles », a-t-il assuré.
Pour rappel, la mise en place de ces grillages avait provoqué de vives tensions dans la cité industrielle de Kamsar. Aujourd’hui, si la page de la contestation semble se tourner, les populations attendent des actes concrets pour que la sécurité retrouvée ne rime pas avec isolement.
À Kamsar, le message est clair : sécuriser les rails, oui… mais sans enfermer les citoyens.
Depuis Kamsar Fodé Baky Touré et Alpha Amadou BAH













