À Boké, les déchets ne se cachent plus. Ils s’imposent. La récente réunion stratégique du service communal de l’assainissement, tenue avec le nouveau coordinateur régional de l’Agence Nationale d’Assainissement et de la Salubrité Publique (ANASP), Oumar Savané, a levé le voile sur une situation devenue critique. Autour de la table, autorités locales, PME, ONG et groupements d’assainissement n’ont pas cherché à enjoliver les faits. Le constat est sévère : le système de gestion des déchets ménagers à Boké est à bout de souffle.

Le diagnostic est connu, presque banal tant il est répété : insuffisance de matériel, absence de poubelles publiques, faiblesse de la sensibilisation citoyenne. Mais sur le terrain, ces manquements prennent une dimension dramatique. Les dépôts sauvages se multiplient, les caniveaux servent de décharges improvisées et l’espace public devient progressivement un facteur de risque pour la santé.
À chaque saison des pluies, le scénario se répète. Les ordures se transforment en foyers d’infection, les moustiques prolifèrent, les maladies hydriques gagnent du terrain. Ce sont les enfants, les personnes âgées et les familles les plus modestes qui en paient le prix fort. À Boké, l’insalubrité n’est plus seulement un problème d’environnement : c’est une urgence sanitaire permanente.

Face à cette réalité, les actions engagées jusque-là apparaissent largement insuffisantes. Des opérations ponctuelles, souvent médiatisées, mais rarement suivies d’effets durables. L’assainissement continue de fonctionner dans l’urgence, sans vision à long terme, ni moyens adaptés à la croissance urbaine de la commune.
L’annonce par l’ANASP d’un diagnostic global assorti d’un futur plan d’action suscite certes de l’espoir. Mais à Boké, l’enthousiasme est tempéré par l’expérience. Les diagnostics se sont multipliés au fil des années, pendant que les ordures, elles, continuaient de s’accumuler.
Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir quoi faire, mais quand et comment agir concrètement.
Mamadou Kankako













